« Les siècles obscurs » ou la mélancolie de l’obsolescence technologique

10/03/2017

Cube,
Paris

En novembre dernier, nous découvrions au Garage Mu, l’étonnante création « les siècles obscurs », une performance où se mélangent les genres et les disciplines. Les membres du collectif à la manœuvre, Julien Fezans (ingénieur son), Laurent Golon (plasticien sonore), Tanguy Nédélec (scénographe) et Judith Depaule (metteuse en scène), se sont rencontrés en 2011 et ont su tirer parti de leurs divers talents pour créer une œuvre évolutive alliant théâtre, musique noise, et sculpture multimédia.

Au centre de leur création, se tient un assemblage impressionnant de machines électroniques plus au moins anciennes (ordinateurs, écrans, ventilateurs, machine à écrire numérique, etc.) et bidouillées dans un esprit DIY. La représentation dévoile progressivement tous les potentiels de ces câblages énigmatiques et dresse scrupuleusement la liste des composants. « Les siècles obscurs » développe d’ailleurs un goût marqué pour la liste qui n’est pas sans rappeler par moment le travail d’Anne-James Chaton.

C’est dans ces énumérations, à la beauté parfois abstraite à force de précision technique, que se dégage le mieux la mélancolie des objets technologiques condamnés à l’obsolescence et auxquels le collectif s’acharne à redonner vie pour en tirer une méditation poétique sur le passage du temps.

En attendant de pouvoir découvrir ou redécouvrir « Les siècles obscurs » dans sa version live au Cube le 10 mars prochain, on peut se faire une idée de cette œuvre protéiforme dans cette vidéo qui en présente une version antérieure.